William Christie et les Arts Florissants étaient de retour à Luxembourg pour présenter leur création « Molière et ses musiques », conçue pour le 400ième anniversaire du dramaturge.
Une comédie-ballet recréée
Théâtre, musique et danse ! C’est en rassemblant comme à l’époque Molière, Lully et Charpentier ainsi que Beauchamps pour la chorégraphie, que les Arts Florissants nous ont offert une production créée pour l’occasion, respectant la verve comique, l’importance des intermèdes musicaux et la chorégraphie précise des comédies-ballets du XVIIième siècle.
Mêlant des passages de plusieurs œuvres, nous avons assisté à un spectacle qui utilisait intelligemment la scène et les entrées de la Philharmonie. Sur la gauche, un petit groupe de musiciens, emmené par William Christie au clavecin et surtout animé par l’excellent Thomas Dunford au théorbe, laissait un espace pour les chanteurs, les danseurs et le comédien, Stéphane Facco.
Alternant les musiques de Lully et de Charpentier avec intelligence, la pièce est construite avec un narrateur qui essaie de composer avec les humeurs des artistes, tout en prenant William Christie comme témoin. La seconde partie du spectacle est montée autour d’une grande scène inspirée par celle du Malade Imaginaire, où le faux malade devient faux médecin, en ironisant en latin, « covidis » et « purgarare » faisant beaucoup rire le public. Il est dommage que les micros ne nous aient pas permis de profiter pleinement de cette divagation dans l’air du temps !
Des interprètes parfaitement justes
Les chorégraphies, menées par Hubert Hazebroucq et la Compagnie Les Corps Eloquents, étaient parfaites ; on imaginait Louis XIV dansant ces petits pas, demi-tours et port-de-bras. La troupe des Arts Florissants était, comme toujours, sobre, mesurée, simple … mais l’on sait que c’est le résultat le plus difficile à atteindre !
Note perso : une belle soirée ! Comme souvent avec les Arts Florissants et le travail de William Christie, cela demandait une attention soutenue de la part du spectateur. La récompense était une immersion dans un spectacle tel que les aimait Louis XIV, riche, complet, drôle.