
… ou comment mettre de la poésie dans la misère de l’artiste. Stéphanie Kalfon trace un portrait de Satie à partir de son installation à Arcueil. Avec une plume inspirée par l’humour et l’autodérision propre à l’artiste, elle relate les interrogations, les failles et les échecs du compositeur. Elle introduit quelques mots d’anglais, réminiscence de sa mère écossaise ; elle met en parallèle la vacuité de certains événements mondiaux (création du Coca !) avec celle de la vie de Satie qui n’arrive pas à trouver du travail et à écrire la musique dont il a envie. « Je suis gymnopédiste » dit-il pour être engagé au Chat Noir, mais cela n’emplit pas une vie.
Plus on avance dans le livre, plus la misère et la tristesse suintent dans toutes les phrases, toutes les attitudes et toutes les incompréhensions, misère cachée dans cette petite chambre d’Arcueil dont personne n’a jamais passé le seuil.
Satie disait : « L’exercice de l’art nous convie à vivre dans un renoncement absolu », renoncement voulu ou imposé, dont S. Kalfon rend très bien le désespoir et la mélancolie.
Les parapluies de Satie, Stéphanie Kalfon, 2017