Voir la nuit tomber sur le cloître Saint Dominique au son de la musique reste un moment béni, une parenthèse dans l’été !

Le 29 juillet, Théotime Langlois de Swarte est arrivé dans notre dos, son sibyllin d’un violon accompagné par les cigales ; il est remonté vers la scène parmi les spectateurs, au son d’une «Fantasia » de Nicola Matteis, pendant que l’orchestre de l’Opéra Royal de Versailles s’installait ; une ambiance un peu hors du temps s’est créée. Le violoniste, visiblement sous le charme du lieu, a pris le temps de nous présenter longuement le programme, les Concertos de J.S. Bach, avant de nous offrir une interprétation inspirée et sensible.

Malheureusement, l’orage a chassé les musiciens pendant le « Concerto pour deux violons » BWV 1043, artistes et spectateurs s’évaporant à toute vitesse à l’apparition des premières gouttes.

Il reste un sentiment d’inachevé à ce qui s’annonçait comme une très belle soirée, puisque nous n’avons pas pu applaudir, et donc remercier, les musiciens … sentiment étrange.

 

Quelques jours plus tard, nous revoilà pour « Rigoletto » de Verdi par le Diva Opera. Petite scène, petite troupe et accompagnement au piano mais une divine surprise !

Bryan Evans, à la direction musicale et au piano, rejoint son piano en habit et installe l’atmosphère génétrale. Le décor est minimaliste mais fonctionne très bien, les costumes sont sobres, bonne époque, bon goût. S’ensuit une œuvre merveilleusement interprétée, par de belles voix formant un ensemble assez homogène, la sobriété faisant ressortir le côté tragique de l’histoire.

Il manque à certains moments la richesse orchestrale de la musique de Verdi, les timbres, les nuances, mais cela met en évidence le caractère funeste, dramatique de l’œuvre qui nous submerge.

 

Note perso : de belles soirées, un cadre enchanteur, merci à tous les bénévoles qui maintiennent en vie ce festival. Une triste évidence : la clientèle a vieilli avec le festival et le public ne s’est pas vraiment renouvelé. Où sont les gens de ma génération ?

L’idée de l’opéra de chambre est intéressante. Elle nous oblige à nous concentrer sur la partie vocale : les airs sont nus, les voix ont la responsabilité du caractère, de l’ambiance, des sentiments. C’est beau et très rude.

 

Sisteron – 68ième Nuits de la Citadelle – 2023