Lundi soir, avait lieu à la Philharmonie une représentation du Messie de Haendel. Cette année, ce sont les Arts Florissants, sous la direction de William Christie, qui nous proposent cette œuvre emblématique.

Une entrée énergique pour les musiciens et pour la musique. La Sinfonia d’ouverture est enlevée, vivante et nous fait entrer au mieux dans le sujet. Dès les premières notes, le chef, qui n’est pas sur une estrade, se montre proche des instrumentistes, n’hésitant pas à aller vers eux pour partager ses intentions précises. La direction, comme la stature, est élégante. L’esprit est là, soutenu tout au long de l’œuvre ; le discours est d’une clarté convaincante.

L’unité musicale est tenue par les -très belles- voix des solistes. Ils sont tous passés, à l’exception du contreténor Tim Mead, par le Jardin des Arts, l’académie pour jeunes chanteurs des Arts Florissants. Le ténor anglais James Way nous offre le premier air ; la voix est claire, précise dans l’élocution, parfaitement projetée. La basse irlandaise Padraic Rowan suit ; peut-être un peu moins d’aisance et de puissance mais la sonorité de cette voix grave pose l’atmosphère et le texte.

La voix du contreténor Tim Mead est un pur bonheur. Ni dans la tête, ni nasillarde, le naturel de son émission porte et élève le discours. Les aigus, les nuances, tout est harmonieux. Ses duos avec James Way ou avec Katherine Watson sont des moments de grâce marqués par le partage et l’union des sensibilités.

Les airs de soprano sont confiés à Emmanuelle de Negri et Katherine Watson. La première a un timbre presque agressif, parfois un peu poussé, ce qui est dommage au vu de l’atmosphère générale. Katherine Watson est plus dans la retenue, dans la chaleur. Dans l’intention, elle nous donne à entendre de la musique sacrée.

Le chœur, élément indispensable, est très homogène. L’équilibre entre les voix, leur mélange incarnent l’influence et leur rôle dans la narration.

Note perso : la soirée était superbe, vraiment.

  Mais, dans la présentation, W. Christie explique qu’il s’agit d’un « oratorio composé à l’intention d’un public protestant ». Et le résultat final est peut-être un peu trop à cette image.

  La naissance d’un messie doit être une joie profonde, l’Alleluia est un chant d’allégresse, la Passion du Christ est terrible … l’ensemble manquait, à mon goût, d’un peu de folie, d’exaltation, de vie.

 

Le Messie, Les Arts Florissants, William Christie