Ce récit nous conte l’histoire croisée d’une jeune femme d’aujourd’hui, cheffe d’orchestre, et d’une compositrice oubliée, née un siècle plus tôt.

La musique de Charlotte Sohy (1887 – 1955) a été totalement occultée malgré des études brillantes à la Schola Cantorum et une vraie place au milieu des compositeur de son temps. V. d’Indy était particulièrement admiratif de son travail. Alors que ses parents, et surtout sa mère, n’étaient pas favorables à sa passion, son mari, musicien lui-aussi, rencontré à la Schola, l’a encouragée et la musique a été un vrai partage entre eux. Puis sont venus les enfants et surtout la Grande Guerre, événements qui ont bouleversés la vie des protagonistes. C’est de cette époque que date la « symphonie oubliée » que Debora Waldman a créée le 6 juin 2019 à Besançon.

… d’un tiroir à la lumière

C’est le petit-fils de la compositrice qui a remis le manuscrit à la cheffe et qui lui a demandé de le faire naitre, vivre. De ce travail de longue haleine (découvrir la partition, s’intéresser à la vie de l’auteur, trouver un orchestre qui accepte l’aventure), Debora Wadman tire un récit qu’elle met en parallèle avec sa trajectoire personnelle, les errances de sa vie et les difficultés qu’elle rencontre pour exercer son métier.

 

Note perso : la vie de Charlotte Sohy est passionnante, de ses rapports avec ses parents au monde intellectuel et musical au tournant du XXième siècle. Sa musique semble être très belle (pour ce que j’ai pu en écouter) et il ne me déplairait pas d’en entendre parfois en concert (mais j’aimerais aussi entendre du Philip Glass …).

J’avoue que j’ai eu plus de mal avec la trajectoire de Debora Wadman, même si elle est intéressante et complexe. Quant à la difficulté d’être une femme chef d’orchestre ou bien la place des femmes dans la société, ce n’est pas mon combat.

Je peux juste vous conseiller : parfois Emmanuelle Haïm et surtout Glas Machado !

 

La symphonie oubliée

De Debora Waldman et Pauline Sommelet

Robert Laffont, 2021