Tout commence dans la salle d’attente d’une gare de l’Oural. Balayée par une tempête de neige, cette pièce vaguement éclairée, chauffée à la chaleur humaine, est pleine de ces silhouettes emmitouflées typiques de l’Union Soviétique. On attend, on essaie de vivre, on fait parfois des rencontres : un vieil homme, jadis musicien, broyé et disparu sous le joug des dénonciations staliniennes, enseveli dans l’inhumanité de la guerre mais dont la musique intérieure n’a jamais réussi à disparaître.

Cette musique – réelle et intérieure – est l’élément qui permet de rester en vie. Elle est, dans ce roman, l’image de « la force indomptable de l’esprit russe ».

Note perso : on retrouve dans ce petit roman les incontournables de Makine, la sauvagerie de la nature russe, les non-dit et puis une petite musique qui fait le lien …

 

La musique d’une vie, Andrei Makine, Seuil 2001, Points 2004