Soirée de musique ancienne à la Philharmonie, au sens propre du terme.

Tout a commencé avec Jephte de Carissimi. Cette œuvre du milieu du XVII siècle, petit oratorio merveilleusement construit sur un passage de l’Ancien Testament, met en valeur les qualités de l’ensemble Il Pomo d’Oro, instrumentistes profonds et inspirés. Andrew Staples, Jephte, manque parfois de force mais Carlotta Colombo, sa fille, est parfaite de clarté, d’innocence et de résignation. Le chœur montre sa richesse, dans sa disposition et dans les voix qu’il met en valeur.

La seconde partie voit l’arrivée de Joyce DiDonato pour interpréter Didon dans le célèbre opéra de Purcell, Didon et Enée. La voix attendue est puissante, vraie, très juste dans les tourments de la reine de Carthage. La Belinda de Rowan Pierce est une merveille de délicatesse et de candeur, en totale opposition avec la noirceur de la sorcière, Beth Taylor. Maxim Emelyanychev mène ses musiciens avec une énergie très précise, donne vie à une musique sombre.

Une fois de plus, ces œuvres en version concert nous montrent que quelques gestes, quelques regards, un jeu des musiciens qui s’éloignent pour créer le lointain, un éclairage adapté (le dernier rayon de lumière sur Didon) peuvent suffire à mettre merveilleusement en valeur la musique.

 

Note perso : je ne connaissais aucun des musiciens donc soirée de découverte ! La précision de l’ensemble Il Pomo d’Oro, la justesse du chef, m’ont beaucoup touchée ; les jeunes voix étaient intéressantes, Joyce DiDonato a une présence et une voix rares (même s’il est dommage qu’elle ait chanté les yeux dans la partition).

Tout m’a plu !