L’argument est simple : Ida Rubinstein, danseuse russe et richissime, passe commande à Ravel d’un ballet, ce qui plonge le compositeur dans les affres et les interrogations de la création. Mais il suffit d’un instant …

Autour de cette idée, la réalisatrice Anne Fontaine construit son film, non comme un biopic linéaire mais plutôt comme un patchwork de moments choisis dans la vie de Maurice Ravel. Différentes atmosphères, toutes aussi soignées que le personnage, différents caractères, mais tous profondément attachés à Ravel, il en ressort le portrait élégant d’un homme angoissé, bourreau de travail et rarement satisfait. Le film nous montre une image, celle qu’il donnait au monde extérieur, mais laisse entrevoir également un homme profondément attachant au vu de la force et de la richesse des amitiés qu’il entretenait.

Raphaël Personnaz est Ravel, hiératique mais humain, avec ses obsessions mais sans être maniéré, corseté dans son caractère comme dans ses costumes, obnubilé par ce qu’il veut exprimer.

Dans le gynécée qui l’entoure, les femmes sont toutes différentes mais intéressantes. Doria Tilliez est Misia Sert, une amie touchante, dépositaire d’un amour transi. Jeanne Balibar incarne l’exubérante Ida Rubinstein, avec ce qu’il faut de volubilité et de grandeur. Emmanuelle Devos est Marguerite Long, une amie fidèle, discrète mais omniprésente.

 

Note perso : un bon film, merveilleusement servi par les acteurs, excellents, et par des images soignées. J’ai adoré le plan sur New-York et le club de jazz ; j’ai regretté quelques longueurs sur la fin qui ont dilué mon sentiment général !

 

Bolero

Film de Anne Fontaine

Avec Raphaël Personnaz, Doria Tilliez, Jeanne Balibar, Emmanuelle Devos, Vincent Perez