
La nouvelle réalisation de Bradley Cooper est un film singulier, sur une personnalité incandescente du XXième siècle, Leonard Bernstein. Alternant le noir et blanc et la couleur, l’évocation et l’interprétation, ce film, basé sur la puissante histoire d’amour entre Bernstein et sa femme Felicia n’est pas un biopic de plus. Il est infiniment plus vaste, marqué par une esthétique et une narration singulière.
Rien n’est caché de la personnalité solaire du premier grand chef d’orchestre américain, de son tempérament flamboyant et manipulateur, de la force d’une relation jusqu’à la destruction, des tourments de l’interprète, de la difficulté de la création, de ce milieu new-yorkais des années 60 et 70 où tout était possible. Sans oublier ses amours, qui sont multiples, et son monde personnel, qui va finir par se consumer dans les excès.
Les acteurs sont à la hauteur du défi. Bradley Cooper est un Bernstein plus vrai que nature, la transformation étant presque dérangeante de véracité à certains moments. Carey Mulligan, parfaite, incarne Felicia, cette actrice chilienne à la beauté troublante, avec laquelle le chef partage une relation d’une richesse inouïe, femme forte tenant le gouvernail, de l’exaltation des débuts aux défis du temps qui passe, des tourments du génie artistique à leur impact sur la vie quotidienne.
Note perso : nous avons eu la chance de pouvoir voir ce film sur grand écran à Luxembourg. La force du noir et blanc, la puissance de l’interprétation étaient omniprésentes et saisissantes.
Maestro
Film de et avec Bradley Cooper, Carey Mulligan
2023