Ce livre est le récit d’une journée, terminée par un concert, dans la vie d’un musicien ; le titre évoque une question souvent posée à la fin du récital. Convoquant ses souvenirs, ses impressions, A. Tharaud nous dévoile les rituels, les contacts, les échanges qui rythment sa vie de concertiste.
Il y a des moments intimes comme la découverte du piano dans la salle, la fabrication des partitions ou la solitude du face-à-face dans le miroir avant d’entrer en scène, des moments d’échanges avec l’accordeur qui doit comprendre le ressenti du musicien ou avec le public. A. Tharaud nous parle des théâtres autour du monde et leurs spécificités, des différents publics, de l’importance du rythme du concert, des particularités des compositeurs joués, de la façon dont on doit aborder leur musique.
La journée se termine par les applaudissements, qui sont une véritable musique pour l’interprète, avant le bis, qui est un amusement. Le pianiste insiste : un concert ne se construit pas à sens unique, c’est un échange et c’est ce qui en fait la richesse.
Note perso : on voit le musicien seul sur scène, on l’imagine dans une bulle mais il est très sensible à son environnement, aux réactions du public, à l’atmosphère de la salle.
« Préparer un concert, c’est autant envisager le silence que le son ».
Passionnée d’histoire de la musique, j’ai beaucoup aimé le raisonnement qu’il nous livre : le pianiste est né du chanteur, du besoin de faire chanter l’instrument ; le soliste est né de son narcissisme et l’interprète est né de la disparition du soliste (au XIXième siècle, le pianiste est compositeur, improvisateur ; quand ces pianistes disparaissent, l’interprète nait).
Montrez-moi vos mains
Alexandre Tharaud