Belle soirée, intimiste, dans la salle de musique de chambre de la Philharmonie, en compagnie du ténor Piotr Beczala, accompagné au piano par Helmut Deutsch.
Un grand professionnalisme, une belle musicalité, le plaisir du chant et du partage ont marqué cette soirée.
Les Dichterliebe de Schumann nous font vivre l’évolution d’un amour malheureux. Piotr Beczala prend le temps de poser sa voix, de rentrer dans l’atmosphère à la fois vivante et nostalgique de ce cycle de lieder. Un très beau grave, chaud et timbré, nous cueille dans Die Rose, die Lilie, die Taube, die Sonne, avant que la puissance et la chaleur de la voix nous emportent dans les affres des sentiments avec Ich grolle nicht.
Et que dire de l’accompagnement d’Helmut Deutsch, si ce n’est relever l’éblouissement ressenti encore une fois. Comment un piano si présent peut-il laisser aussi toute sa place à la voix, passer d’une grande expressivité à une douceur d’accompagnement, d’un soutien si sensible à un caractère affirmé, comme dans Das ist ein Flöten und Geigen ?
La deuxième partie de la soirée est consacrée à la musique russe. Les mélodies de Tchaïkovsky et de Rachmaninov nous font changer d’atmosphère. Le piano devient luxuriant, la nostalgie est musicale, lyrique. L’environnement aussi évolue, la tristesse se ressent dans un riche palais plutôt que dans la nature ! Le russe se révèle une merveilleuse langue chantée, avec des sonorités inhabituelles, et la berceuse polonaise donnée en bis clôt une soirée très agréable.
Piotr Beczala, Helmut Deutsch
Philharmonie de Luxembourg, 8 février 2022